FACILITER L’ACCES A L’ECOLE SANS COMPROMETTRE LA QUALITE DE L’EDUCATION :  Gratuité de l’enseignement primaire public et nouvelles stratégies familiales en matière de scolarisation en milieu urbain camerounais

Honoré Mimche, IFORD - Université de Yaoundé II  - Alawadi, CNE-MINRESI, Yaoundé
Email : h_mimche@yahoo.fr

Résumé
Le contexte de crise qu’ont connu les sociétés africaines depuis plus d’une décennie a particulièrement affecté le secteur de la santé (De Sardan et Jaffré, 2002) mais surtout celui de l’éducation avec une baisse substantielle des ressources publiques allouées à ce secteur. De même au niveau des ménages, la crise a accru la prise en charge des besoins d’éducation en termes de relation coût-qualité. La société camerounaise n’est pas restée en marge de cette dynamique de transformation sociale. La dégradation des dépenses publiques d’éducation (Jean Jöel Aerts et al., 2000) n’a pas toujours permis de satisfaire une demande sans cesse croissante en matière de scolarisation de qualité, surtout en milieux urbains. La croissance urbaine s’est donc considérablement accompagnée avec des inégalités dans l’accès à l’éducation de qualité. Or, par la Déclaration du Millénaire, les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Afrique Centrale se sont engagés à rendre l’éducation élémentaire accessible à tous les enfants en âge scolaire d’ici 2015 (CEA, Bureau Afrique Centrale, 2003).

Au niveau de l’offre, le contexte post-ajustement a particulièrement affecté les systèmes scolaires avec l’émergence d’un ensemble d’attitudes déviantes (corruption, absence du personnel enseignant, démotivation due à la baisse des revenus, etc.) qui ont pollué l’environnement scolaire, conduisant les parents à renoncer parfois à l’enseignement public pour recourir de plus en plus aux institutions privées où semblent mieux se concilier savoir faire et savoir être dans la pédagogie, malgré le coût de l’éducation ici. C’est dans ce contexte que l’on a assisté à un développement exponentiel de l’offre d’éducation dans le privé particulièrement dans les zones urbaines, comme une réponse à cette demande, mais également comme une stratégie de recherche de la qualité dans un contexte où l’offre publique se caractérise par d’importants dysfonctionnements. Malgré la gratuité de l’enseignement primaire publique par exemple, les parents préfèrent pour des raisons associées à la qualité de l’éducation, scolariser leurs enfants dans les institutions privées (non confessionnelles). Cette dialectique montre que la question de la qualité de l’éducation est au cœur des stratégies et pratiques éducatives des parents. Loin d’être une simple préoccupation des responsables  de l’éducation et du politique (Gabriel Carron et ta Ngoc Châu, 1998), la recherche de la qualité est au cœur des stratégies de scolarisation des ménages/famille.  Cette communication se propose d’interroger, dans un contexte de transformation sociale, les stratégies déployées par les ménages pour la recherche d’une éducation de qualité pour leurs enfants. Elle permet de cerner les variables/contraintes qui leurs semblent les plus significatives entre l’économique, l’infrastructurel, le pédagogique et le socio-culturel. Cet article repose toute la notion de la qualité de l’éducation tel que définie par le haut et le bas (Unesco, 2005). Cette proposition est un examen critique des enjeux de la gratuité de l’éducation dans un contexte où l’Etat s’est engagé pour l’EPT.

Mots clés : Ménages urbains- Stratégies éducatives- Recherche de la qualité, EPT
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Copyright©ROCARE, Octobre 2009