Analyse critique et comparative des nouvelles politiques éducatives des pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)

Dr. Célestin Venant C. QUENUM - Docteur en Economie de l’Education. Enseignant à la Faculté de Sciences Economiques et de Gestion de l’Université d’Abomey-Calavi (Bénin). Chercheur associé au Centre d’Etude, de Formation et de Recherches en Développement (CEFRED) de la FASEG.
Email: venantq@yahoo.fr - Tél : (00229) 97 01 28 01 / 95 70 08 70

Résumé
Les systèmes d’éducation formelle sont introduits dans la plupart des pays de l’UEMOA par les missionnaires occidentaux au XIXème siècle. Ils ont été perpétués et améliorés durant la colonisation jusqu’à l’indépendance dans les années 60, où leur gestion est revenue aux mains des nationaux. Mais leurs modes de gestion et le contenu des enseignements n’ont évolué que très lentement après leur prise en charge par les nouveaux États indépendants. C’est dire donc que les problèmes qui se posent aux systèmes éducatifs des pays de l’UEMOA ne peuvent pas se comprendre en regardant seulement leurs évolutions sur cette dernière décennie. Nous aborderons donc certains aspects historiques et économiques qui permettent de mieux cerner la situation actuelle de ces systèmes éducatifs. Des éléments de démographie et les politiques éducatives mises en œuvre dans ces pays, seront mis à contribution pour faciliter la compréhension de la situation.

L’initiative accélérée d’éducation pour tous d’ici 2015 « Education For All Fast Track » (EFA FT) qui découle des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de l’ONU (soutenue par la Banque Mondiale), a pour but de permettre aux pays qui présentent une politique éducative « crédible », de bénéficier plus rapidement de l’allègement de leur dette et d’obtenir des financements complémentaires pour leur programme d’éducation. Déjà mise en œuvre dans certains pays éligibles, elle suscite trois interrogations sur : (1) le réalisme et la pertinence des normes de politique éducative qu’elle implique ; (2) la capacité des Etats à pouvoir gérer un afflux de ressources ; (3) et surtout à générer des ressources nationales pour poursuivre l’effort de scolarisation dans la durée, au-delà de 2015. L’application de mesures similaires à celles préconisées par l’initiative EFA-F dans certains pays comme le Bénin, le Burkina Faso etc. a produit dans certains pays des effets négatifs sur la qualité de l’enseignement à en croire Brossard (2003) et Bernard et al (2004). C’est donc pour analyser certaines des difficultés que peuvent rencontrer les pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) à s’ajuster aux conditions de l’initiative accélérée, relative surtout à la norme de salaire exprimé en unité de PIB /Tête, les conséquences éventuelles de la mise en application de cette mesures et la soutenabilité par ces pays au-delà de 2015 de cette politique éducative, que la présente étude, constitue une contribution à la réflexion sur les nouvelles politiques éducatives dans les pays de l’UEMOA.

Cette étude s’inscrit dans le cadre général des théories du capital humain, de la soutenabilité des dépenses publiques, des comparaisons internationales et met l’accent sur la capacité des Etats à supporter le coût du financement des investissements nécessaires au développement de leur capital humain au-delà de 2015.

Mots clés : Financement public de l’éducation / UEMOA / EPT / Initiative accélérée d’éducation / comparaison internationale

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