LES ÉTABLISSEMENTS SECONDAIRES DU TOGO FACE A LA PROBLÉMATIQUE DES BIBLIOTHÈQUES ET LABORATOIRES (de 1970 à nos jours)
Joseph Koffi Nutefé TSIGBE
ROCARE- Togo / Université de Lomé
E-mail : tsinujo2002@yahoo.fr
Résumé
Depuis les indépendances, plusieurs États africains ont souscrit à la mise en place d’une politique éducative en vue d’assurer aux générations montantes, un enseignement de qualité. Dans cette optique, plusieurs initiatives furent prises. C’est ainsi qu’en 1961, à la conférence d’Addis-Abeba, la Charte de l’éducation fut adoptée. Trois décennies plus tard, précisément en 1990, fut adoptée la déclaration dite de Jomtien sur l’Éducation pour tous. En 2000, cette déclaration fut réaffirmée par le Cadre d’action de Dakar. L’objectif poursuivi par ces initiatives était non seulement de réformer les systèmes éducatifs africains hérités de la période coloniale, mais aussi et surtout, d’affirmer le droit à l’Éducation pour tous tel que conçu et voulu par la Banque mondiale (World Bank, 2002).
Malgré les efforts consentis, aujourd’hui encore, le secteur éducatif africain en général se trouve confronté à plusieurs défis. Les problèmes soulevés dans la quasi-totalité des pays africains sont divers et variés : manque de politique de formation, non articulation entre la formation initiale et la formation continue, programmes de formation vétustes et inadaptés, faible préparation académique et pédagogique, faible motivation des enseignants liés à la faible rémunération et au manque de plan de développement de carrière, manque de matériels pédagogiques (bibliothèques, laboratoires d’expérimentation pour le secondaire notamment). Il en résulte que sur le continent, on assiste à une hausse des taux d’analphabétisme, de redoublement et d’abandon scolaire, ainsi qu’à un nombre encore très important d’enfants toujours exclus du monde éducatif. Cette constatation est tout de même valable pour le Togo. En effet, selon un document publié en novembre 2007 par la Direction de la prospective, de la planification de l’éducation et de l’évaluation intitulé Tableau de bord de l’éducation au Togo (p. 6.), il est fait mention des faiblesses du système éducatif togolais. Entre autres facteurs, il y est cité le maintien des poches sous scolarisées, taux de redoublement encore élevés, nombre d’enseignants ayant reçu une formation professionnelle en constante diminution, manuels scolaires insuffisants, etc. S’agissant du dernier problème cité, les bibliothèques construites dans les établissements, pour certaines dans les années 1970, pour d’autres, une décennie plus tard, sont devenues très pauvres, les livres, pour la plupart, dépassés et insuffisants au regard des effectifs sans cesse croissants. De même, les laboratoires, construits pratiquement pendant les mêmes périodes, sont de nos jours, presque tous hors d’usage.
Face à ces réalités, il se pose la question suivante : en quoi l’insuffisance et l’inadéquation des ressources techniques et didactiques dans le domaine éducatif agissent-elles sur la qualité de l’enseignement au Togo? Le but de cet article est de faire un diagnostic du système éducatif togolais, notamment dans le domaine de l’équipement pour montrer que la baisse de la qualité de l’enseignement au Togo est en partie due au manque de matériel didactique conséquent.